Ronan Le Gleut : « Nous ne pouvons pas compter indéfiniment sur les États-Unis »

Publié le : 13 février 2026

A l’initiative du Monaco Press Club, en partenariat avec l’UFE-Monaco, le sénateur LR Ronan Le Gleut était l’invité d’une conférence-débat à la Maison de France sur un thème s’actualité : l’Europe est-elle en mesure de se défendre seule ?

Vice-président de la commission des affaires européennes et membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, le parlementaire a livré une analyse sans détour devant un public attentif.

Dans un contexte de résurgence des impérialismes et de guerre sur le sol européen, la question stratégique est centrale. « Nous ne pouvons pas compter indéfiniment sur les États-Unis », a-t-il affirmé. Mais remplacer la présence américaine supposerait « des centaines de milliards d’euros d’investissement » : dissuasion nucléaire, bases militaires, transport stratégique, capacités de renseignement… Autant de domaines dans lesquels l’Europe demeure dépendante.

A l’appui de son propos, Ronan Le Gleut rappelle que la plus grande base militaire américaine hors des Etats-Unis se situe à Ramstein, en Allemagne, et souligne l’existence du partage nucléaire au sein de plusieurs pays européens, reposant sur un système de double clé. Un dispositif révélateur du rôle structurant de Washington dans la sécurité du continent.

Fruit d’un rapport stratégique mené dans sept capitales européennes, son constat est clair : la position française apparaît isolée. Un héritage historique, notamment depuis la décision du général de Gaulle, en 1966, de quitter le commandement intégré de l’OTAN.

Interrogé sur la solidité des alliances, le sénateur a rappelé que l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord – clause de défense mutuelle – n’a été activé qu’une seule fois, après les attentats du 11 septembre 2001 alors que son équivalent européen, l’article 42-7 du traité de l’Union européenne, a été invoqué par François Hollande à la suite des attentats du Bataclan.

Au-delà des textes, c’est la capacité d’action qui fait la différence. « Personne n’est aujourd’hui capable de mettre en œuvre ce que les États-Unis réalisent », observe-t-il, évoquant aussi bien les situations au Moyen-Orient qu’au Venezuela.

Face à la hausse généralisée des budgets militaires en Europe, il estime que « les dividendes de la paix » consécutifs à la chute du mur de Berlin appartiennent au passé et a conclu par l’adage latin : Si vis pacem, para bellum – si tu veux la paix, prépare la guerre.

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